Tranche de vie managériale / L’inquisition au travail …

Histoire vécue… malheureusement …

L’autre jour au fond d’un vallon,
Un serpent piqua Jean Fréron ;
Que croyez-vous qu’il arriva?
Ce fut le serpent qui creva.
Voltaire

Hector Quemada, connu dans la boite sous le sobriquet de « l’inquisiteur », a décidé de passer à la question ordinaire une nouvelle proie. L’hérétique a l’heur de dire leurs vérités aux grands de ce petit monde corporate… et donc de leur déplaire grandement. C’est devenu une affaire d’état : Il faut lui rabattre son pauvre caquet, lui faire choisir volontairement la direction de la porte, en lui faisant comprendre, implicitement, que ce serait pour lui une sortie digne, une libération, et sans aucun doute un acte rédempteur, non dénué de panache. Torturer un collègue, après tout, n’est qu’un misérable challenge de plus dans la vie étriquée du sieur Quemada…

À la passion d’emmerder les autres, on donne souvent le nom d’idéalisme
Charles Dantzig

Au fond, il se sent bien Hector, tout à sa mission de bon serviteur zélé du comité de direction. Il existe, donc il exulte. Sa cause est juste puisque son DG l’a dit. Sa stratégie est claire : puisqu’on ne peut décemment accuser de front quelqu’un de dire la vérité, il faut charger de côté, voire de biais, encore mieux : de travers. Et ça, les coups tordus, c’est sa spécialité. Son expérience de vieux DRH lui a confirmé, mille fois déjà, que toute bonne approche pour pousser un cadre vers la sortie commence par la minutieuse confection d’une accusation faisandée de harcèlement (Une bonne accusation de harcèlement ça ne mange pas de pain et ça marche à chaque fois : ça effraye toujours l’honnête homme, ça le paralyse, le panique, lui bloque les neurones et le met donc dans une condition parfaite pour la négociation : apeuré et soumis). L’accusation rance est usuellement suivie d’une bonne conversation d’homme à homme qui débute imparablement par la phrase « Il y a deux façons de quitter une entreprise…», la suite visant bien sûr à désigner à la victime la seule voie possible… celle qu’Hector appelle « la bonne ». La bonne à ses yeux bien sûr, et surtout à ceux de son DG. Car au fond, il est bien incapable de violence Hector, il est juste l’esclave d’un système, l’outil obéissant d’une organisation, le fer -rouge- de la question ordinaire…

Voici venu le temps des assassins… – Rimbaud

Mais la victime est coriace. Il n’a jamais vécu cela le pauvre Hector. Elle se rebiffe. Elle argumente. Elle ose relever la tête, et pire : mettre en cause l’accusation honteuse, en toute lumière, et demander des comptes. Ça devient chaud pour ses fesses… Car le présumé martyr sait que les lâches détestent la lumière, et que l’exploitation de l’émotion humaine peut être à double tranchant. Il sait que les instruments aveugles deviennent facilement des fusibles, quand la contre-offensive se concrétise. Alors il est lâché Hector. Par tous. Son plan avarié devient « une malheureuse initiative personnelle »… Et c’est soudain à lui que se voit chantée la comptine « il y a deux façons de quitter une entreprise…». Mais cette fois, seule « la mauvaise » lui est proposée …

Beau comme du Voltaire …

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Le BOOC | Executive Education for Tough Times
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